Inclusion numérique

Qu’est-ce que l’inclusion numérique ?

Le numérique transforme profondément notre société : cette transition numérique a démarré à la fin des années 1990 et elle est maintenant une évidence. Les outils, les usages, les pratiques sociales et les transformations économiques du numérique ne provoquent pas une révolution avec un avant et un après, mais ils changent tout, au quotidien.

On ne peut plus considérer que le numérique n’est qu’une série d’outils (ordinateurs, smartphones, objets connectés, etc.) ou une infrastructure technique (la fibre), car ce sont finalement les usages que nous en faisons les uns et les autres qui transforment durablement notre manière de vivre ensemble, de communiquer, de s’informer, d’apprendre, de travailler, de se déplacer, de consommer, d’être parent…

Toute transformation de société a naturellement des conséquences positives et négatives, des externalités que chacun peut apprécier différemment. La transformation numérique dématérialise les services publics et recrée des espaces de collaboration et de sociabilité. Elle détruit de l’emploi et génère de nouveaux métiers. Elle bénéficie à ceux qui la comprennent et pénalisent ceux qui ne disposent pas des clés et des ressources pour entrer dans ce nouveau monde. L’une des conséquences sur laquelle tout le monde s’accorde, c’est que cette transformation laisse une partie de la population de côté, entre 1 et 2 personnes sur 5, soit au moins 1,2 millions d’habitants des Hauts-de-France.

C’est ce phénomène que l’on qualifie d’exclusion numérique. Il se traduit notamment par une vraie difficulté d’accès aux droits. En France, toutes les démarches administratives seront dématérialisées en 2022 : le fait d’accéder à ces services dématérialisés est un enjeu de citoyenneté. C’est bien entendu également le cas des services privés comme les banques, les mutuelles ou les fournisseurs d’énergie.

Pour lutter contre ce phénomène d’exclusion, de nombreux acteurs publics ou privés s’engagent dans une politique d’inclusion numérique.

Pour bien comprendre les enjeux de l’inclusion numérique, il faut prendre en compte le fait que la transition numérique est une question culturelle : être inclus dans le monde numérique passe par la maîtrise des outils et des techniques, mais c’est avant tout une question de représentation : le numérique est-il pour moi ? ai-je ma place dans cette société numérique ? La question est très similaire à celle de la lecture publique : ce n’est pas parce que l’on sait lire (maîtrise de la technique) et parce que la médiathèque est ouverte tous les jours (accès à une infrastructure) que l’on franchit les portes et que l’on accède à la lecture. L’appropriation d’un équipement comme une médiathèque passe par le fait de se sentir légitime, de comprendre certains codes, de considérer que l’on y a sa place. C’est la même chose avec le numérique.

C’est ce travail que mènent les lieux de médiation numérique, parfois labellisés cyberbase, cybercentre, espace public numérique, point Picardie en ligne – quelle que soit l’étiquette, ils répondent à deux objectifs : développer les compétences techniques de base (savoir envoyer un mail, faire une recherche en ligne, etc.)  et l’acculturation numérique. L’un ne va pas sans l’autre, et on constate que des personnes qui ont simplement acquis les bases techniques ne développent pas toujours leurs usages car ils ne perçoivent pas le sens de ces outils, ils les utilisent sans les maîtriser, sans se les approprier. C’est pour cela que l’on parle de lieux de médiation et non simplement de formation.

Animateurs de ces lieux, les médiateurs numériques recréent le lien entre l’individu et la société numérique : l’acquisition de compétences est un des moyens, tout comme l’accompagnement aux démarches en ligne, la découvertes d’autres facettes du numérique (fablab, code, jeux, services collaboratifs, etc.), l’échange avec d’autres usagers, la mobilisation de ressources numériques pour répondre à ses besoins et projets personnels.

Pour les Assembleurs, cette dimension de capacitation numérique est très importante car elle renvoie au développement du pouvoir d’agir des citoyens sur leur environnement : l’objectif est qu’ils deviennent véritablement sujets d’une société numérique, et non simples consommateurs. Le numérique renforce des situations d’exclusion et offre en même temps de vrais leviers d’émancipation individuelle et collective. Dans une logique d’innovation sociale, dans laquelle les usagers trouvent eux-même la réponse à leurs besoins, on constate que le numérique peut apporter de nombreuses solutions, constituer un vrai levier de développement social, culturel, économique. On peut alors parler d’une inclusion sociale par le numérique. Par exemple, développer sa mobilité grâce aux applis de covoiturage, acquérir une compétence professionnelle à travers un MOOC ou vendre en ligne des produits artisanaux.

En complément des médiateurs numériques, de nombreux travailleurs sociaux jouent un rôle très important d’aidant numérique, consistant à répondre à un premier niveau de besoin, à accompagner les usagers dans leurs démarches administratives en ligne, à résoudre des problématique d’accès au droit. Cette aide de premier niveau est précieuse et participe activement à un écosystème d’inclusion numérique : les aidants numériques, qui abordent ces sujets en marge d’un accompagnement social, renvoient les publics vers des médiateurs apportant un accompagnement plus large.

L’objectif des Assembleurs est de faire converger tous ces acteurs qui concourent à une transition numérique humaine et sociale, pour que chacun puisse s’approprier le numérique et comprendre la transformation en cours, ne pas être objet du numérique mais sujet d’une société numérique inclusive et créative.


Un outil pour repérer les lieux
et les acteurs de la médiation
numérique dans les Hauts-de-France